Bienfait'Arts
L'association SFM (Solidarité France Maroc) a pour objet d'apporter au Maroc une aide dans les domaines sanitaire, scolaire, social aux plus démunis.
Le résultat de l'exposition "Bienfait'Arts" en 2018 avait pour objectif le financement d'un terrain afin d'y implanter une école maternelle dans une commune du Haut Atlas et les artistes qui contribuaient à cette action étaient tous de très grand talent.
Evidemment, mes coups de coeur ont porté sur certaines oeuvres plus que sur d'autres. Je partage avec vous aujourd'hui ces moments d'émotion.
Parmi les 16 artistes présentés, 4 ont retenu plus particulièrement mon attention. Vous savez comme j'aime la récupération et comme j'admire les plasticiens qui refont une beauté à ces matériaux dits "peu nobles" et les transforment en superbes oeuvres d'art.
J'ai été comblée avec l'artiste Joël Sadaune dont le travail, souvent lié au recyclage d’objets et au détournement de ceux-ci, consiste à les révéler ou à les faire revivre : carton ondulé, fonds de palette, petits objets à détourner.
"Les traces, les déchirures, les inscriptions inhérentes à ce genre de médium lui servent toujours à composer l’œuvre. Parfois il exagère les taches, les coupures et utilise souvent un vocabulaire lié au packaging ou à la communication populaire : flèches, chiffres, codes-barres, pochoirs…"
Je suis tombée en amour (comme disent les Québecquois) devant les compositions en zinc de Pascal Catry.
Les gouttières, celles qui ont bien vécu de préférence, laissant apparaître les stigmates de plusieurs décennies de pluie, de vent, de soleil, etc., le zinc des toits, érodé, récupéré chez le ferrailleur, tout est retravaillé, aplati, puis taillé, plié ou modelé, et enfin agencé pour donner des compositions aux tons mêlés de gris, de rouille, de blanc et noir. Superbe !
Les peintures acryliques de Saya Becuwe m'ont fait penser qu'il s'agissait également d'un travail de zinc rouillé tant les touches de couleurs imitaient à la perfection l'altération du métal.
Enfin, un travail que vous allez aimer, un travail de sadisme à l'encontre du carton qui a été torturé, pressé, tordu, imbibé, roulé et ficelé.
Valérie Telesca a dit " La majorité de mes travaux sont des approches expérimentales de la matière, initiée au sein du mouvement "ENERGY TRACKS", groupe international d'artistes dont les expérimentations portent sur les processus physiques et chimiques capables de créer une énergie, chromatique ou plastique. Je travaille beaucoup sur la polymérisation de colles sur matières fragiles telles que carton, papier, tissu dont je transforme la structure. A l’opposé de la quête d’une revendication de l’éphémère, mes travaux s’inscrivent dans la dynamique du temps qui n'aurait plus de prise sur la matière dite "fragile", lui faisant accomplir le défi de durer"
Moi, je dis "On récupère ce matértiau et on lui fait subir les pires outrages afin de le magnifier et lui redonner une place comme oeuvre d'art".



















