Revisiter les mythes
Il y a 2 jours, je vous parlais de l'exposition "Jungle et Sentiments" de Julien Salaud, exposition présentée au Colysée de Lambersart (59) dans le cadre du festival Lille 3000 sur le thème de l'Eldorado.
Pour l'installation "El mar de Trigo" où l'on voyait un arbre en papier mâché au milieu d'épis de blé, j'avais précisé que l'artiste avait fait appel à de nombreux volontaires.
Pour l'installation suivante, il en a été de même. Ce sont des volontaires, des riverains, ou plus lointains, en tout cas des quidams venus là tisser du lien en collant de la laine.
Outre le gigantisme du panneau ici créé, c'est le processus de création qui est original car collaboratif. «J’ai l’habitude de travailler avec des stagiaires, j’aime l’énergie de groupe», lance l’artiste «La culture est le moyen le plus facile pour créer de la solidarité, du lien...., une pièce comme celle-là, si elle n’est pas réalisée avec des volontaires, on ne peut pas la prendre en charge financièrement»..
Chacun a donc mis son bout de fil à l’œuvre en devenir. 30 m2 de tissu représentant, en fils de laine, la déesse de la fécondité exhumée des ruines de Teotihuacan, au Mexique. C’est «Nahual», œuvre sur laquelle ont travaillé Julien Salaud et les bénévoles, déesse de la fécondité jaillie de la gueule d'un crocodile.
Une autre oeuvre monumentale, toujours collaborative, était suspendue dans une salle voisine. Cette grande tapisserie présentait des appliqués de tissus, des fleurs en crochet, diverses broderies, des tissages de perles et collages de laine.
D'une facture plus moderne, un arbre stylisé (le "Ceiba", le fromager qui dans la culture aztèque symbolisait l'énergie qui circulait entre le monde terrestre, le monde céleste et le monde souterrain), fait de grands panneaux d'intissé peints où des animaux factices se cachaient.
Puis, en lumière noire (pas facile à photographier), le fameux serpent à plumes "Quetzalcoatl" fait en polystyrène, clous et flis de coton, avec l'aide de Gregoire Lemonnier.
Dans la salle la plus sombre, des créations de Julien Salaud, représentant des insectes imaginaires, fait de plumes et diverses pièces récupérées.
Puis une sculpture très étonnante, réalisée en collaboration avec Olivier Villefaunes (alias Dick de Déry), à partir d'ossements d'une jument foudroyée il y a dix ans dans les Pyrénées et récupérés par l'artiste.
Complétée par des os de vache, de chevreuil, des bois de chevreuil, de la nacre de moules de Loire, du bois, des perles de rocaille, du fer, des lentilles de verre, des aiguilles de coendou (porc-épic d'Amérique du Sud), terre d'une source sacrée au Mexique, la sculpture ressemble à la représentation imaginaire d'un Dieu.
Elle est intitulée "Notre Dame des Foudroyés".





























